Une course inclusive ne commence pas sur la ligne de départ
J'ai terminé — et gagné — une course de 65 kilomètres en janvier dernier.
À l'arrivée, on m'a remis mon chandail de « finisher ». Une camisole rose. Aucune distance imprimée dessus.
Les hommes, eux, recevaient un chandail dont la couleur variait selon l'épreuve, avec la distance bien en évidence : 8 km, 21 km, 42 km, 65 km, 100 km.
Un homme qui avait couru 8 kilomètres repartait donc avec sa distance affichée sur le torse. Une femme qui venait d'en courir 65 repartait avec une camisole rose qui ne disait rien de ce qu'elle venait d'accomplir.
L’explication était simple : il n’y avait pas assez d’inscriptions féminines pour justifier une commande de chandails par distance.
Rien ne permettait de croire qu’une personne avait voulu diminuer les coureuses. La décision semblait plutôt découler d’un calcul de volume, probablement effectué dans un budget serré.
Mais ce genre de décision raconte quelque chose.
Une décision peut donc être dépourvue d’intention excluante tout en produisant une expérience différente selon le groupe auquel on appartient. Elle peut aussi contribuer à entretenir le problème qu’elle cherche à gérer : moins un événement semble pensé pour certaines personnes, moins elles ont de raisons de s’y inscrire, de s’y investir ou d’y revenir.
C’est une dynamique organisationnelle que j’observe depuis plus de vingt ans en diversité, équité et inclusion.
La phrase la plus fréquente n'est pas :
« On ne voulait pas de ces personnes-là. »
C'est :
« On n'y avait pas pensé. »
Une course ouverte à tous n'est pas nécessairement une course inclusive
C’est une distinction importante pour les personnes qui organisent des événements, les directions générales et les conseils d’administration.
Ouvert à tous signifie qu'une personne peut, en principe, s'inscrire. L’ouverture décrit une possibilité formelle d’accès.
Inclusif signifie que l'événement a été pensé de façon à permettre à différentes personnes de participer, de se sentir légitimes, d'être respectées et de bénéficier de conditions équitables et comparables. L’inclusion concerne les conditions concrètes de participation, de reconnaissance, de respect et de réussite.
Et cela va plus loin que l'accessibilité ou l'accommodement.
Un événement réellement inclusif doit aussi permettre aux personnes de se reconnaître dans ce qu'il représente, de participer dans des conditions réalistes et, lorsqu'elles visent la performance, de pouvoir réellement réaliser leur potentiel sportif.
L'inclusion d'un événement ne se joue donc pas seulement le jour de la course.
Elle se construit des mois plus tôt, dans les politiques d'inscription, les tarifs, les communications, la logistique, les installations, les conditions de course et les décisions budgétaires.
Plusieurs de ces décisions semblent parfaitement neutres lorsqu'on les prend.
C'est justement là que se trouvent certains angles morts.
1. Vos politiques d'inscription peuvent créer des barrières
Prenez votre politique d'inscription et cherchez les situations qui sortent du scénario « standard ».
Une personne s'inscrit en janvier à une course prévue en septembre. En avril, elle apprend qu'elle est enceinte. La politique prévoit aucun remboursement, aucun transfert et aucun report.
Personne n'a voulu exclure les femmes enceintes.
L'organisation voulait probablement protéger sa trésorerie et éviter les inscriptions fantômes.
Mais une règle identique peut avoir des effets différents selon les situations. C’est l’un des fondements de la réflexion sur l’exclusion, voire sur la discrimination indirecte : une norme peut sembler identique pour tout le monde et désavantager davantage certaines personnes.
La même réflexion peut s'appliquer à une personne qui doit modifier sa participation en raison d’un congé parental, d'une adoption, d'un handicap, d'une situation familiale ou d'un autre changement important.
Il faut aussi regarder le calendrier d'inscription lui-même.
Certaines courses affichent complet des mois, voire près d'un an, à l'avance. Pour l'organisation, c'est excellent : prévisibilité, trésorerie et planification.
Mais ce modèle repose sur une hypothèse : tout le monde peut prévoir sa vie avec le même degré de certitude.
Ce n'est pas le cas.
Une grossesse peut survenir. Une adoption peut se concrétiser. Une séparation peut modifier l'organisation familiale. Un changement professionnel peut rendre la participation impossible. Une situation de proche aidance peut apparaître. Et la littérature montre que ces situations peuvent influencer la participation à l’activité physique et rendre les trajectoires de participation moins prévisibles pour certaines personnes.
La question n'est donc pas seulement :
« Pourquoi permettre un transfert ou un report? »
Mais aussi :
« Pourquoi exige-t-on de tout le monde le même niveau de prévisibilité? »
Prenez cinq règles importantes de votre événement et demandez :
Pourquoi cette règle existe-t-elle?
Qui pourrait la vivre différemment de la majorité?
Peut-on préserver son objectif tout en réduisant la barrière qu'elle crée?
Il ne s'agit pas de supprimer les règles.
Il s'agit de vérifier qu'elles ne produisent pas, sans le vouloir, une sélection de participant(e)s. Car au fond, une politique peut préserver la stabilité financière de l’événement tout en prévoyant des transferts, des reports ou une analyse au cas par cas.
2. Une expérience équitable ne consiste pas seulement à pouvoir participer
Un événement peut être accessible sans offrir des conditions réellement équitables. L’accès formel ne suffit pas si les conditions de participation désavantagent systématiquement certaines personnes, intentionnellement ou non.
C'est particulièrement visible dans le sport.
Une femme peut s'inscrire à une course, mais si aucun produit menstruel n'est disponible aux ravitaillements, si l'organisation suppose qu'elle pourra prévoir sa participation un an d'avance et si les athlètes féminines de niveau élite sont presque absentes de ses communications, peut-on vraiment dire que l'événement a été pensé pour elles?
L'inclusion ne consiste pas seulement à enlever les obstacles à l'entrée.
Elle consiste aussi à créer les conditions de succès.
Les menstruations font partie de la réalité sportive
Dans une course d'endurance, les besoins menstruels ne disparaissent pas parce qu'une personne est en compétition. Ils varient d’une personne à l’autre, et peuvent inclure des produits menstruels, un accès aux toilettes et la possibilité de se changer.
Pourtant, les produits menstruels, par exemple, sont encore rarement considérés comme faisant partie de l'équipement de base d'un poste de ravitaillement. Alors que plusieurs études montrent que les symptômes, la douleur, les saignements abondants, la fatigue ou la crainte des fuites peuvent affecter l’expérience et la performance de certaines athlètes tant à l’entraînement qu’en compétition.
Un événement prévoit de l'eau, des électrolytes, de la nourriture, des gels, parfois même des produits pour soigner les ampoules. Pourquoi les produits menstruels seraient-ils considérés autrement?
La mise à disposition de produits menstruels peut constituer une mesure relativement simple à intégrer aux installations et aux postes de ravitaillement.
La question n'est pas de savoir si toutes les coureuses en auront besoin.
C'est de savoir si celles qui en ont besoin peuvent en obtenir sans devoir interrompre leur course, expliquer leur situation ou compter sur quelqu'un qui les accompagne.
Un ravitaillement pensé pour la diversité des participant(e)s ne s'arrête pas aux glucides et à l'hydratation.
Les conditions de participation ne sont pas les mêmes pour tout le monde
Les événements sportifs parlent beaucoup de dépassement, de discipline et de préparation.
Beaucoup moins de la réalité qui permet cette préparation.
Qui s'occupe des enfants lorsque l'athlète s'entraîne?
Qui organise les repas?
Qui accompagne les enfants pendant les déplacements?
Qui réduit son propre temps de loisir pour permettre à l'autre de courir?
Les organisations sportives ne peuvent évidemment pas régler la répartition du travail familial dans les ménages. Elles peuvent toutefois éviter de concevoir leurs événements comme si cette réalité n'existait pas.
Une course qui commence à 4 h du matin, exige un déplacement la veille et offre peu d'options pour les familles ne produit pas les mêmes conditions de participation pour tout le monde.
Il ne s'agit pas de présumer que les femmes assument la charge familiale. Il s’agit plutôt de reconnaître que plusieurs travaux sur la participation à l’activité physique identifient les responsabilités familiales, le transport, le temps disponible et la proche aidance comme des obstacles importants, pour elles. La répartition des responsabilités familiales et domestiques demeure souvent inégale et peut influencer la possibilité de participer à une activité sportive. Les événements peuvent toutefois éviter de normaliser une participation qui repose implicitement sur une personne disponible en tout temps.
3. Vos communications disent qui est attendu — et qui mérite d'être vu
La représentativité ne consiste pas seulement à montrer différentes couleurs de peau ou différents types de corps dans une publicité. Elle peut aussi concerner l’âge, le handicap, le niveau de performance, la situation familiale, l’origine culturelle, l’identité de genre et les différents rapports au sport.
Dans un événement sportif, elle consiste aussi à se demander :
Qui occupe l'espace de la performance?
Prenez les 20 dernières photos publiées par votre événement.
Qui voit-on?
Des personnes de quel âge? Avec quels corps? À quel niveau de performance? Avec quel équipement? Seules ou en groupe?
Voyez-vous des personnes débutantes? Des personnes qui courent pour le plaisir? Des personnes qui reprennent après une pause ou une blessure? Des parents? Des personnes plus âgées? Et surtout : combien de ces personnes voyez-vous comme athlètes?
Pas seulement comme participant(e)s.
Comme athlètes.
Regardez vos ambassadeurs et ambassadrices, vos entrevues, vos podiums mis de l'avant, vos publications consacrées aux performances et vos communications avec les athlètes, dont les élites.
Par exemple, les recherches sur la couverture médiatique du sport féminin montrent que les écarts concernent non seulement la quantité de visibilité, mais aussi la manière dont les athlètes sont présentées.
Alors:
Les femmes occupent-elles une place comparable à celle des hommes? Sont-elles présentées pour leurs performances, leurs records, leurs stratégies et leurs résultats? Ou apparaissent-elles davantage dans des contenus sur leur équipement, leur apparence, leur maternité ou leur participation à la communauté?
Un événement peut avoir une participation féminine importante tout en donnant beaucoup moins de visibilité aux femmes qui performent à haut niveau. Cela envoie un message.
La participation des femmes est bienvenue. Mais la performance féminine est-elle aussi valorisée?
Les communications ne servent donc pas seulement à informer ou à vendre des inscriptions ou encore à refléter la communauté existante : elles peuvent aussi contribuer à définir qui se sent légitime d’y entrer.
Elles indiquent aussi, implicitement, qui semble avoir sa place dans l'univers de l'événement.
Cette réflexion ne se limite d’ailleurs pas à la comparaison entre les femmes et les hommes. Elle concerne aussi les personnes trans, non binaires, en situation de handicap, de diverses origines, plus âgées ou ayant des corps et des niveaux de performance différents.
Une expression comme « dépassement ultime », « les vrais coureurs(euses) » ou « guerriers(ères) du sentier » n'est pas nécessairement problématique en soi. Mais lorsqu'elles s'accumulent, elles peuvent finir par associer la légitimité sportive à la force, la performance extrême et ainsi dessiner un personnage type : très performant, disponible, autonome, sans contrainte familiale et déjà convaincu qu'il appartient à cet univers.
Le test est simple :
Qui peut facilement se reconnaître dans notre communication?
Qui pourrait se dire : « Ce n'est probablement pas pour moi »?
L'objectif n'est pas de trouver une photo plus diversifiée pour cocher une case.
C'est de vérifier si votre communication représente honnêtement les personnes qui participent déjà à votre événement — et celles que vous souhaitez réellement rejoindre.
Bien sûr, cette vérification ne remplace pas une analyse complète, mais elle fournit un indicateur simple de visibilité, de diversité des profils et de hiérarchisation implicite des figures considérées comme légitimes.
4. Regardez le parcours complet, pas seulement la ligne de départ
L'expérience ne commence pas au coup de départ et ne finit pas à la ligne d'arrivée.
Pour évaluer l'inclusion d'un événement, il faut suivre le parcours complet d'une personne :
Découvrir l'événement → s'inscrire → payer → se préparer → se déplacer → arriver → se préparer sur place → participer → se ravitailler → se changer → repartir.
Cette approche correspond aux principes de conception universelle, qui invitent à penser les lieux, les services, les politiques et les expériences pour une diversité de personnes dès le départ.
À chaque étape, demandez :
Qu'est-ce qui pourrait rendre cette étape plus difficile pour certaines personnes que pour d'autres?
Regardez notamment :
le transport et le stationnement;
les heures de navette;
l’hébergement;
les toilettes;
les vestiaires;
les espaces pour se changer;
les besoins liés à l’allaitement, au tirage du lait ou à l’alimentation d’un nourrisson;
l'accessibilité physique des lieux;
la sécurité, perçue et réelle, sur les sentiers;
la signalisation, la couverture cellulaire et les secours;
les procédures en cas d’isolement, de blessure ou d’évacuation;
l’accompagnement des coureurs et coureuses;
la possibilité d'arriver avec un enfant;
les produits disponibles aux ravitaillements;
les consignes destinées aux personnes bénévoles;
la façon de traiter une demande d'accommodement;
le temps nécessaire pour quitter le site après l'événement.
L’accessibilité et l’inclusion doivent donc être examinées avant, pendant et après l’activité, et non seulement au moment de l’inscription ou du départ. De plus, dans le trail et l’ultra-trail, ces questions prennent une importance particulière : les parcours sont éloignés, les postes de ravitaillement sont espacés, les transports sont parfois limités et les conditions de sécurité ou d’évacuation peuvent varier considérablement.
Ce sont souvent des détails très concrets.
Et c'est précisément pour cette raison qu'ils sont utiles à examiner : ils permettent de passer rapidement des valeurs aux décisions.
5. Une demande d'accommodement ne devrait pas être une improvisation
L’accessibilité et l’accommodement sont deux dimensions complémentaires et essentielles d’un événement inclusif.
L’accessibilité cherche à réduire les obstacles dès la conception. L’accommodement intervient lorsqu’une personne demeure désavantagée malgré les mesures générales et demande une adaptation de la règle ou de la pratique.
Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne protège notamment contre la discrimination fondée sur différents motifs, dont la grossesse, le handicap ainsi que l'identité ou l'expression de genre.
L'accommodement raisonnable peut permettre d'adapter une règle ou une pratique lorsqu'elle crée une situation discriminatoire. Il comporte toutefois des limites, notamment lorsqu'une solution entraîne une contrainte excessive. Il ne s’agit donc pas d’accorder automatiquement toute demande, mais d’examiner sérieusement les possibilités d’adaptation et leurs limites, notamment en cas de contrainte excessive.
Pour une organisation, la question n'est donc pas seulement :
« Est-ce qu'on doit accepter cette demande? »
Elle devrait aussi être :
« Avons-nous un processus pour l'analyser correctement? »
Une équipe ne devrait pas découvrir sa procédure d'accommodement trois semaines avant le départ, lorsqu'une situation se présente. Un processus minimal devrait préciser la personne responsable, les informations nécessaires, les critères d’analyse, les délais et la façon de communiquer la décision.
Le conseil d'administration n'a donc pas besoin de connaître toutes les réponses. Et la réponse appropriée dépendra du contexte, de la nature de l’événement, de la règle appliquée et de la situation de la personne. Elle devrait toutefois être analysée plutôt que rejetée automatiquement.
Ainsi, le conseil d’administration doit s'assurer que les responsabilités sont claires et que les bonnes personnes sont consultées lorsqu'une demande survient.
6. Pour un conseil d'administration : regardez les politiques, les effets et les résultats
Un conseil d'administration n'organise généralement pas la course au quotidien. Mais la gouvernance joue elle un rôle important dans la création d’un événement inclusif.
Une gouvernance inclusive permet de prendre en compte la diversité des réalités dès les décisions qui structurent l’événement.
Du coup, un CA adopte ou encadre plusieurs décisions qui influencent directement l'expérience des participant(e)s :
politique d'inscription;
remboursements, transferts et reports;
tarification;
critères d'admissibilité;
catégories et distinctions;
code de conduite;
politique d'accommodement;
communications;
commandites et partenariats;
gestion des plaintes;
conditions offertes aux athlètes de niveau élite.
C'est donc aussi là que l'inclusion doit être examinée.
Évidemment, la responsabilité du conseil n’est pas de traiter chaque demande opérationnelle, mais de s’assurer que les politiques, les responsabilités et les mécanismes de reddition de comptes existent sur ces sujets. L’inclusion dans le sport ne repose donc pas uniquement sur les équipes qui organisent l’événement. Elle relève aussi des choix de gouvernance et des priorités que le conseil d’administration décide de porter.
Une question utile pour un CA n'est pas :
« Sommes-nous une organisation inclusive? »
C'est trop facile à répondre.
Demandez plutôt :
« Dans quelles politiques ou décisions de notre événement avons-nous vérifié les effets possibles sur différents groupes de participant(e)s? »
Puis :
« Qui est visible dans notre événement, qui participe réellement et qui bénéficie des mêmes conditions pour performer?»
Et enfin :
« Si une demande d'adaptation ou une situation imprévue nous arrivait demain, saurions-nous qui la reçoit, qui l'analyse et comment la décision est prise? »
Ces trois questions permettent de distinguer la représentation symbolique, la participation réelle et l’égalité des conditions.
Ces questions donnent une bien meilleure indication de votre niveau de préparation qu'une déclaration générale sur vos valeurs.
Et si vous n'organisez pas une course?
La mécanique est la même dans un congrès, un festival, une assemblée générale ou un événement corporatif.
On imagine une personne « standard ».
Elle peut payer. Elle peut se déplacer. Elle comprend les codes. Elle est disponible à l'heure prévue. Elle vient sans enfant. Elle n'a besoin d'aucune adaptation.
Puis on construit l'événement autour de cette personne et on applique les mêmes règles à tout le monde.
L'intention est égalitaire.
Les effets ne le sont pas toujours.
L'inclusion événementielle consiste justement à repérer ces écarts avant qu'ils deviennent des obstacles — mais aussi à vérifier qui est représenté, valorisé et placé en situation de réussir. Il faut donc appliquer le même raisonnement pour une conception inclusive des événements : examiner le parcours de la personne, les obstacles prévisibles et les mécanismes d’adaptation.
Ce que le chandail ne disait pas
En janvier dernier, sur ce sentier, je me suis demandé si j'allais finir. Si mes genoux tiendraient. Pourquoi j'avais choisi ces chaussures.
Je ne me suis pas demandé si l'événement était pour moi. Cette absence de question est déjà une information.
Mais à l'arrivée, la camisole rose répondait à une question que je n'avais pas posée. Elle disait qu’accomplir 65 kilomètres n'avait pas besoin d'être célébré pour moi, une femme. Ce n'était pas de la malveillance. C'était un chiffre de commande.
Et c'est souvent comme ça que les barrières apparaissent dans les organisations. Pas à la suite d'une décision explicite d'exclure. À la suite d'une série de petites décisions qui semblaient raisonnables prises séparément. C’est pourquoi l’évaluation d’une politique doit porter sur ses effets, et pas uniquement sur l’intention qui a présidé à son adoption.
Alors, la prochaine fois que votre organisation écrira « tout le monde est bienvenu », posez cette question autour de la table avant de publier :
Bienvenue à quelles conditions?
Chez Loin Devant Ressources Humaines inc., nous croyons que faire avancer la justice sociale dans les organisations commence souvent par une bonne question. Contactez-nous dès maintenant
Pour aller plus loin
Un mini-audit d'inclusion pour votre prochain événement
Avant de publier les inscriptions, votre équipe peut faire un examen rapide de sept thèmes :
Inscription: Nos règles tiennent-elles compte de différentes réalités de vie, de situations imprévisibles et de la possibilité d’un changement important?
Tarification : avons-nous évalué le coût réel de la participation, incluant l’inscription, l’équipement, le transport, l’hébergement et les arrangements nécessaires pour les responsabilités familiales?
Conditions de participation: Avons-nous pensé aux besoins concrets qui peuvent influencer l'expérience sportive? Exemples: menstruations, grossesse, post-partum, handicap, parentalité, proche aidance, identitité de genre, transport et accès aux installations, etc.?
Représentativité: Les personnes qui participent et performent chez nous se voient-elles dans nos communications, y compris comme athlètes et non seulement comme participantes?
Performance: Les personnes issues des groupes en quête d’équité bénéficient-elles d'une visibilité et de conditions comparables pour réaliser leur plein potentiel?
Accessibilité et accommodement: Savons-nous quoi faire lorsqu'une personne demande une adaptation? Qui reçoit la demande, qui l’analyse, quelles informations sont pertinentes et comment la décision est communiquée?
Gouvernance: Les effets possibles de nos décisions ont-ils été examinés selon différents groupes de participant(e)s avant l’adoption finale?
Pas besoin de transformer cet exercice en projet de six mois.
Commencez par une rencontre de 60 à 90 minutes avec les personnes qui connaissent réellement l'événement : direction, opérations, communications, bénévoles et, lorsque nécessaire, une personne ayant une expertise en inclusion ou en accessibilité.
L'objectif n'est pas de trouver toutes les réponses.
C'est de trouver les angles morts avant que les participant(e)s les découvrent à votre place.
Sources et références
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. (s. d.). Droit à l’égalité, discrimination et accommodement raisonnable. https://www.cdpdj.qc.ca/fr/formation/accommodement/Pages/html/egalite-discrimination-accommodement.html
Québec. (s. d.). Charte des droits et libertés de la personne, RLRQ, c. C-12. https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/c-12
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Autrice: Elisabeth Petit, CRHA
Note de l’autrice : En tant qu’autrice de cet article, j’ai choisi d’utiliser l’intelligence artificielle comme outil de soutien rédactionnel. Cette démarche a été entreprise tout en préservant ma pensée critique, mon analyse et mon expertise professionnelle. Les sources citées et les données statistiques ont été vérifiées par l’autrice. Les références sont fournies afin de permettre la consultation des travaux originaux, dans le respect des droits qui leur sont applicables.
